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Actualités et conseils sur les carrières dans le Grand Est
Territoires
Publié le mercredi 11 avril 2018
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Longtemps dopé par le secteur public, l’emploi cadres évolue et se renouvelle grâce aux acteurs du privé. Avec, notamment, quelques vraies spécificités locales à mettre en avant.

Metz a dû évoluer. Deux réformes importantes l’ont directement concernée au cours des dernières années : celle du découpage de la France métropolitaine en treize régions et celle de l’organisation des armées. Ancienne préfecture de Lorraine, la ville est descendue d’un échelon administratif, le siège de la région Grand Est unifiée étant à Strasbourg. D’autre part, avec la restructuration des sites de défense, cinq unités militaires ont disparu ou ont été relocalisées, soit une perte d’un peu plus de 5 000 emplois civils et militaires. Conséquence : même si le Centre hospitalier régional Metz-Thionville demeure un gros employeur public, ce sont à présent les entreprises privées qui sont les locomotives pour l’emploi cadres.

Secteurs de pointe, forces historiques

Deux secteurs apparaissent plus présents à Metz que dans des métropoles comparables : l’immobilier
– 2017 a été une année de forte hausse sur le marché des bureaux – et l’énergie. Ce dernier domaine d’activité compte notamment sur l’expertise reconnue d’un acteur local, le groupe UEM, apparu au début du XXe siècle : il est le fournisseur et le distributeur d’électricité pour les habitants de Metz et de sa région, mais s’est diversifié dans les métiers du gaz et du chauffage urbain. L’une de ses filiales, Efluid, développe un logiciel de gestion utilisé par de grands opérateurs nationaux et internationaux. Metz a aussi d’autres cordes à son arc, qu’elle partage avec son environnement immédiat. « Historiquement, c’est surtout l’industrie qui recrutait des cadres en Lorraine, témoigne Alexandre Piquet, qui dirige le cabinet Baudoüin Recrutement. La crise a entraîné de nombreux départs, mais de nouvelles entreprises sont arrivées pour développer des technologies de pointe. » La filière des matériaux est bien représentée, avec des acteurs comme PSA, Thyssenkrupp ou Claas France, filiale du spécialiste allemand des machines agricoles. Pour valoriser l’industrie au sens large, la CCI Moselle propose, fin mars, un temps d’échanges sur les métiers et perspectives de carrière entre élèves ingénieurs et entreprises : (PEMTec, Novall, CMS Automatismes, Emitec France…). Autre secteur : la finance est aussi présente sur le territoire messin, avec d’importantes entités de la Banque Populaire, de la Caisse d’Épargne et du Crédit Agricole, par exemple. La ville accueille aussi le siège interrégional du groupe Veolia et un maillage d’entreprises numériques, plus petites, mais dynamisées par la labellisation French Tech du Sillon Lorrain (lire page 38). Exemple : Docapost Applicam, pionnière des cartes à puce. « Nous travaillons aussi avec le médico-social, révèle Alexandre Piquet. C’est l’un des secteurs porteurs, avec notamment des associations qui agissent autour des personnes en situation de dépendance. » À ce jour, d’une manière générale, ce chasseur de têtes indique que ses clients sont des entreprises de toutes tailles. Il note une préférence pour les candidats de 30 à 45 ans, « un critère qui est souvent demandé, à demi-mots ». D’après lui, « le monde économique reste prudent quant aux moyens financiers consacrés au recrutement, mais il y a des raisons d’être confiant en l’avenir à court et moyen termes. »

L’enjeu du maintien sur le territoire

Bémol : comme celles des autres territoires du Grand Est, les entreprises qui recrutent à Metz peuvent avoir du mal à trouver les meilleurs candidats pour répondre à leurs besoins. Inscrites dans un environnement géographique porteur, elles souffrent parfois de la concurrence directe de ses voisins européens et notamment du Luxembourg. L’un des grands défis auxquels la ville fait face est de maintenir sur son territoire une large part des jeunes qui y étudient : Metz accueille notamment des campus des Arts et Métiers ParisTech, de CentraleSupelec et de Georgia Tech, une université américaine qui offre à 800 étudiants une première expérience en Europe. Autres forces vives : l’Université de Lorraine et l’un des deux campus français de l’ICN Business School, une école de management née à Nancy.

La Ville parie sur les congrès

Loin du centre et d’une capacité limitée à 600 places, le centre des congrès de Metz n’était plus adapté aux standards économiques actuels. Il sera remplacé par une nouvelle structure, à proximité immédiate du cœur historique de la ville et de la gare SNCF. Le bâtiment, qui doit être inauguré en septembre prochain, intégrera un auditorium de 1 200 places, 15 salles de commissions et 4 300 m2 de surface d’exposition, notamment. Il pourra accueillir plusieurs congrès simultanément, étant aussi doté d’un restaurant et d’équipements utiles à la préparation de buffets, pour des banquets rassemblant jusqu’à 1 200 convives. Objectifs affichés par la municipalité : « Compléter l’offre messine en tourisme d’affaires et renforcer l’attractivité économique de Metz et de son agglomération ».

Interview

XAVIER BOUVET
Directeur général de l’agence d’attractivité Inspire Metz

Des entreprises font-elles appel à vos services pour obtenir de l’aide dans leurs recrutements ?

Non, mais nous les aidons de manière indirecte en développant l’attractivité de Metz. Favoriser l’emploi demeure l’objectif premier de notre agence ! Pour nous évaluer, nous mesurons l’évolution des cadres des fonctions métropolitaines supérieures - des emplois « au carré », qui en génèrent d’autres. Ils représentent aujourd’hui 8 % de l’emploi total à Metz et parfois plus de 9 ou 10 % dans d’autres villes comparables. Voir ce taux augmenter plus vite est une priorité absolue. Autre action : nous essayons de trouver des solutions foncières aux entreprises déjà implantées et qui souhaitent développer leurs activités.

Qu’en est-il aujourd’hui de l’image de Metz ?

C’est pour nous un très gros enjeu. La métropole est souvent méconnue. Parfois, elle est associée à des traits négatifs, injustifiés. Mais c’est un atout ! Les décideurs, congressistes et touristes qui viennent à Metz découvrent tout à fait autre chose : une ville d’eau, une ville verte, au riche patrimoine architectural et qui offre des facilités d’installation. À nous, donc, de faire venir ces personnes : ensuite, la métropole parle d’elle-même !

Menez-vous des actions ciblées pour les cadres ?

Cette année, nous lancerons une première campagne de communication orientée sur ce public. Nous jouons également sur les leviers du tourisme traditionnel et proposons aux entreprises des produits de séjour, destinés aux journalistes, à leurs grands partenaires commerciaux ou aux cadres qu’elles souhaiteraient recruter. Ces « packs » contiennent des nuitées sur le territoire, des visites guidées, des activités culturelles…