NANCY : L’INDUSTRIE ET PLUS ENCORE

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Actualités et conseils sur les carrières dans le Grand Est
Territoires
Publié le mercredi 11 avril 2018
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L’embellie retrouvée de l’activité économique est favorable à ce secteur historique de la ville. D’autres domaines d’activité sont toutefois demandeurs en cadres qualifiés.

Avec plus de 210 000 emplois, le bassin nancéien est l’un des premiers pôles de développement économique en Grand Est. La ville et sa métropole regroupent 24 sites d’activités et 31 600 entreprises, dont 1 900 nouvelles créées chaque année. Plusieurs filières emblématiques et innovantes façonnent aujourd’hui la réputation de Nancy et se montrent dynamiques. La santé regroupe au total 3 300 établissements, le secteur des matériaux, des procédés et de l’énergie plus de 1000. L’économie numérique, elle, emploie quelque 7 000 personnes (dans plus de 900 entreprises). En complément, le territoire s’appuie aussi sur des filières historiques : banque et finance, commerce et logistique, tourisme d’affaires ou construction. Nancy est aussi le deuxième territoire du Grand Est pour la part des cadres et des professions intellectuelles supérieures : dans le bassin d’emploi, ils représentent un peu plus d’un actif sur cinq (20,7 %). Ces cadres, qui sont-ils ? Et quelles sont les entreprises qui les recrutent aujourd’hui ? Premier constat : l’image de place forte industrielle de la Lorraine est toujours conforme à une réalité perceptible sur le terrain. En tout premier lieu, c’est ce qu’indique Enrik Lafontaine, gérant du cabinet de recrutement Baran. « La culture économique de Nancy reste industrielle. Nous comptons notamment beaucoup d’industries mécaniques, ainsi que des sous-traitants automobiles implantés de longue date. » Même constat pour Céline Rollet, du cabinet Spring, une filiale du groupe Adecco spécialisée dans le recrutement de cadres en middle management : « L’industrie est l’un des trois grands secteurs du marché de l’emploi nancéien. Les recrutements s’opèrent surtout sur des fonctions managériales et supports. Des entreprises embauchent également des ingénieurs qualité. ».

Les grands groupes recrutent, les PME aussi

Ces deux experts du recrutement témoignent qu’actuellement, les besoins de main d’œuvre se font ressentir dans des sociétés de tailles très diverses. Ils concernent aussi bien les grands groupes que les entreprises plus modestes. « Les cadres vont trouver à travailler dans le secteur des engins et des travaux publics, souligne Enrik Lafontaine. Il y a également des postes dans la logistique, Nancy se trouvant à un carrefour, du fait de sa proximité avec l’Allemagne et le Luxembourg, mais aussi d’importants développements dans le secteur de l’informatique, avec actuellement des pénuries de personnel. Nous sommes aussi sollicités par des entreprises du bâtiment, sur des métiers très variés, et il existe des postes dans le public, le Centre hospitalier régional universitaire étant le premier employeur de Lorraine (près de 10 000 agents). Timide à partir de 2016, la reprise de l’économie apparaît aujourd’hui beaucoup plus musclée, ce qui profite à l’emploi cadres, mais pas seulement. » Céline Rollet, elle, pointe du doigt des besoins dans les domaines de la construction et de la bancassurance. « Ces six dernières années, les besoins de recrutement de cadres n’ont jamais été aussi élevés. Tous les types de profil sont recherchés. Les entreprises misent d’abord sur la polyvalence et, pour les fonctions managériales, il est parfois préférable de faire valoir une expérience de trois à cinq ans environ. »

De la concurrence, mais une vraie attractivité

L’emploi à Nancy est aussi dynamisé par l’existence d’une zone franche urbaine dans le secteur du Plateau de Haye, dont le nombre d’établissements a cru de 55 % en dix ans (de 392 à 610 sociétés entre 2004 et 2014, dont 309 entités sur la seule partie nancéienne du périmètre). Bémols à ce dynamisme : la ville souffre parfois de sa relative proximité avec Metz, aucune des deux communes ne prenant l’ascendant économique sur l’autre. « Les entreprises ne peuvent donc pas se permettre de ne recruter que localement, souligne Céline Rollet. Est-ce que, du coup, les candidats arrivent en position de force pour négocier ? Cela va dépendre des sociétés. Parfois, on constate une petite hausse des salaires, mais les entreprises respectent généralement le marché. Elles ne peuvent pas proposer 20 ou 30 % de plus. » La spécialiste du recrutement cadres reste optimiste pour l’avenir immédiat. « Nous anticipons fortement les besoins de nos clients et espérons pour cette année une augmentation de 60 % de notre chiffre d’affaires réalisé à Nancy. » Enrik Lafontaine, quant à lui, estime la ville lorraine bien placée pour attirer des candidatures de cadres : « Il est moins compliqué de les faire venir à Nancy que dans le Nord ou en Haute-Marne, où nous travaillons aussi. Compte tenu de notre climat, je nous trouve relativement bien positionnés dans les classements des villes où il fait bon travailler. Nous ne sommes pas très loin d’autres villes comme Strasbourg ou Paris. L’une de nos difficultés, c’est que certains des sites industriels sont éloignés du centre de Nancy, jusqu’à 40 km. » Inversement, le caractère frontalier de la Lorraine serait un véritable atout pour son attractivité, même si elle peut parfois générer une concurrence pour les entreprises en quête de cadres. Interrogé sur ses perspectives d’avenir, Enrik Lafontaine exprime un certain optimisme : « Les indicateurs sont plutôt positifs, actuellement, et on peut espérer que la reprise de l’emploi cadres soit durable. Le contexte actuel et les réformes du marché du travail vont dans le bon sens. Au-delà de la question de la main d’œuvre, la baisse annoncée des charges générales sur les entreprises devrait avoir un impact favorable sur l’emploi. »

Des infrastructures performantes

La CCI de Nancy en fait un axe fort de son développement économique. Pour soutenir l’activité de ses entreprises, la ville dispose d’infrastructures nombreuses, qui favorisent tous les types de transports. La Chambre consulaire exploite plateforme multimodale de Frouard-Champigneules, qui assure chaque semaine cinq rotations vers Fos-sur-Mer et, depuis l’année dernière, trois liaisons vers Anvers. Un complément idéal au port fluvial public de Nancy-Frouard, qui permet à la CCI de combiner voies d’eau, route et rail pour optimiser le service aux entreprises. Produits chimiques, combustibles et minéraux solides, produits métallurgiques et denrées alimentaires : le port a manutentionné quelque 813 400 tonnes de marchandises en 2016. Il offre une ouverture vers l’Europe fluviale (Allemagne et pays du Danube) et, au-delà, sur le monde via la mer du Nord. Nancy peut également miser sur l’aérien : dans ce domaine, elle s’appuie notamment sur les expertises réunies au Grand Nancy Aéropole. Le service aéronautique permet de rallier des destinations en France, en Angleterre, dans le reste de l’Europe et en Afrique du Nord, avec 23 000 mouvements par an. La structure bénéficie depuis février 2017 d’installations modernisées, avec une piste allongée, en conformité avec les normes européennes, et 8 000 m2 de hangars réhabilités. 33 types d’appareils peuvent désormais y être accueillis (contre seulement 24 auparavant). Réservée pour partie aux vols privés d’affaires, l’Aéropole est situé à moins de 2 km du centre-ville de Nancy. Atout complémentaire pour l’attractivité de la ville, il est le lieu d’implantation d’une petite vingtaine d’entreprises.